CAS PARTICULIERS 28.06.26 · 9 MIN

Passer auto-entrepreneur en SARL : démarches 2026

Passer auto-entrepreneur en SARL en 2026 : formalités, coûts, fiscalité et pièges à éviter. Guide complet en 5 étapes pour réussir votre transformation.

Sommaire — 7 parties
L'ESSENTIEL EN TROIS LIGNES
01 Passer d'auto-entrepreneur en SARL n'est pas une transformation au sens juridique : il faut fermer le régime micro et créer une société nouvelle.
02 L'apport du fonds à la SARL déclenche des formalités spécifiques (évaluation, publicité, guichet unique INPI) et peut avoir des conséquences fiscales.
03 Le choix entre SARL et SASU dépend du statut social souhaité (TNS ou assimilé salarié) et du régime fiscal envisagé (IR ou IS).

Passer d’auto-entrepreneur en SARL en 2026 ne s’apparente pas à une transformation de société classique. Le régime micro-entrepreneur est une entreprise individuelle : il n’existe pas de SIREN de société à transférer. La démarche consiste à créer une SARL nouvelle, puis à lui apporter ou céder votre activité, avant de radier votre micro-entreprise.

Auto-entrepreneur et SARL : pourquoi la « transformation » est en réalité une création

La confusion est fréquente. Le mot « transformation » évoque l’article 1844-3 du Code civil et l’article L210-6 du Code de commerce : ces textes garantissent qu’une société qui change de forme juridique conserve son SIREN, ses contrats et son patrimoine sans création d’une personne morale nouvelle. Ce mécanisme de continuité est précieux — mais il ne concerne que les sociétés.

Or, l’auto-entrepreneur (ou micro-entrepreneur) n’est pas une société. C’est une personne physique qui exerce sous le régime micro-social et micro-fiscal de l’entreprise individuelle. Il n’existe donc aucune personne morale à transformer.

⚠️ Conséquence directe : vous ne pouvez pas « transformer » votre auto-entreprise en SARL au sens juridique. Vous devez créer une SARL et, si votre activité a une valeur patrimoniale (clientèle, matériel, stock, fonds), lui apporter ou céder ces éléments. Ce sont deux opérations juridiquement distinctes.

Cette nuance a des implications concrètes : la SARL obtiendra un nouveau SIREN, vos contrats en cours devront être novés ou cédés avec l’accord des tiers, et certaines obligations fiscales liées à la cessation d’activité individuelle s’appliquent.

Quand passer de l’auto-entreprise à la SARL ?

Le régime auto-entrepreneur est conçu pour démarrer simplement, avec des plafonds de chiffre d’affaires applicables en 2026 : 203 100 € pour les activités de vente de marchandises, 83 600 € pour les prestations de services et les activités relevant des BNC. Le franchissement durable de ces seuils entraîne la sortie du régime micro. La franchise en base de TVA répond à ses propres seuils 2026 (85 000 € / 93 500 € pour le commerce, 37 500 € / 41 250 € pour les services) : une activité peut donc rester sous le plafond micro tout en devenant redevable de la TVA.

Mais les raisons de basculer en SARL sont souvent antérieures à ce plafond :

SituationIntérêt du passage en SARL
Activité en croissance, chiffre d’affaires approchant les plafondsSécuriser la structure avant le dépassement obligatoire
Souhait d’associer un ou plusieurs partenairesLa SARL permet plusieurs associés (2 à 100)
Investissements importants à financerLa SARL facilite l’accès au crédit professionnel
Séparation souhaitée entre patrimoine personnel et professionnelLa responsabilité est limitée aux apports en SARL
Recrutement de salariésLa SARL offre un cadre juridique plus adapté
Optimisation sociale (régime TNS gérant majoritaire)Cotisations sociales souvent inférieures à celles du micro-entrepreneur

💡 Bon à savoir : si vous hésitez entre SARL et SASU, notre article dédié vous aide à choisir entre SASU et SARL lors du passage d’une entreprise individuelle. Le statut social et le régime fiscal sont souvent les critères décisifs.

Les étapes pour passer d’auto-entrepreneur en SARL en 2026

Étape 1 — Évaluer l’actif à apporter

Avant toute démarche, inventoriez ce que vous souhaitez transférer à la SARL : clientèle, contrats, matériel, stock, droit au bail, marque déposée, site internet… Chaque élément doit être valorisé à sa valeur vénale réelle.

Si vous réalisez des apports en nature (biens autres que des liquidités), un commissaire aux apports doit en principe intervenir. Les associés peuvent s’en dispenser à l’unanimité lorsqu’aucun apport en nature n’excède 30 000 € et que la valeur totale des apports en nature reste inférieure à la moitié du capital social. Sa mission est facturée sur devis, en fonction de la nature et de la valeur des biens à évaluer. Le commissaire aux apports est distinct du commissaire à la transformation — ce dernier n’intervient que lors du passage d’une société déjà existante vers la forme SAS (article L227-3 du Code de commerce).

Si votre apport est exclusivement en numéraire (vous laissez les actifs dans la sphère personnelle et apportez uniquement du capital), cette contrainte disparaît.

Étape 2 — Rédiger les statuts de la SARL

Les statuts de votre SARL doivent être rédigés avec soin. Ils définissent :

  • la dénomination sociale et l’objet social ;
  • le montant du capital social et la répartition des parts ;
  • les modalités de gérance (gérant majoritaire ou minoritaire) ;
  • les règles de prise de décisions collectives ;
  • les clauses d’agrément en cas d’entrée d’un nouvel associé.

Le gérant d’une SARL relève du régime TNS (travailleur non salarié) s’il est majoritaire, ou du régime assimilé salarié s’il est minoritaire ou égalitaire. Cette distinction est fondamentale pour votre protection sociale et vos charges.

⚠️ Piège de praticien : en micro-entreprise, vous cotisiez en pourcentage du chiffre d’affaires, sans assiette minimale. En SARL, le gérant majoritaire bascule sous le régime des indépendants (TNS) et reste redevable de cotisations minimales même sans rémunération ou avec un revenu faible — un point que beaucoup découvrent après coup. À l’inverse, choisir une répartition des parts qui vous rend gérant minoritaire ou égalitaire vous fait basculer en assimilé salarié, avec une protection plus large mais des charges sensiblement plus lourdes. La répartition des parts n’est donc pas qu’une question de gouvernance : elle fixe votre statut social et son coût pour les années à venir.

📌 Rappel : pour une SARL unipersonnelle (un seul associé), la forme exacte est l’EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée). La procédure de création est identique.

Étape 3 — Publier l’annonce légale de constitution

La création d’une SARL impose la publication d’un avis de constitution dans un support habilité à recevoir les annonces légales du département du siège social (conformément à la loi n°55-4 du 4 janvier 1955). Cette annonce mentionne notamment : la dénomination, la forme juridique, le capital, l’objet, le siège, la durée, l’identité du gérant, et les conditions d’admission aux assemblées.

L’attestation de parution vous sera remise par le journal — elle est indispensable pour le dépôt au guichet unique.

Pour éviter tout risque de rejet, assurez-vous que toutes les mentions obligatoires d’une annonce légale sont présentes. Une mention manquante peut bloquer l’immatriculation ; retrouvez les erreurs les plus fréquentes dans notre article sur les mentions manquantes dans une annonce légale.

Étape 4 — Déposer le dossier au guichet unique (INPI)

L’immatriculation de la SARL s’effectue exclusivement via le guichet unique des formalités des entreprises (plateforme INPI), qui assure la mise à jour simultanée du Registre du Commerce et des Sociétés (RCS) et du Registre National des Entreprises (RNE).

Le dossier comprend notamment : les statuts signés, l’attestation de dépôt des fonds, l’attestation de parution de l’annonce légale, les justificatifs d’identité et de domicile du gérant, et — le cas échéant — le rapport du commissaire aux apports.

À l’issue de la procédure, vous obtenez un extrait Kbis au nom de la SARL, attestant de son immatriculation et de son nouveau SIREN.

Étape 5 — Radier la micro-entreprise

Une fois la SARL immatriculée, vous devez radier votre auto-entreprise via le guichet unique. Cette radiation emporte :

  • la cessation d’activité au regard de l’URSSAF (déclaration de chiffre d’affaires finale) ;
  • la clôture de votre compte micro auprès de l’administration fiscale ;
  • d’éventuelles impositions immédiates sur les bénéfices non encore taxés et sur les plus-values de cession (si vous cédez votre fonds à la SARL plutôt que de l’apporter).

⚠️ Point fiscal critique : la cession ou l’apport de votre fonds à la SARL n’est pas neutre fiscalement. La fin de l’exploitation individuelle s’analyse comme une cessation d’activité, susceptible de rendre immédiatement imposables les bénéfices non encore taxés ainsi que les plus-values sur les éléments transférés. Des dispositifs de report ou d’exonération existent et dépendent étroitement de votre situation et du mode de transfert retenu (apport ou vente). Faites chiffrer l’impact par un expert-comptable ou un avocat fiscaliste avant d’arrêter le montage : c’est souvent ce paramètre, plus que les frais de formalités, qui détermine la meilleure façon d’organiser le passage.

Le cas particulier de l’apport de fonds de commerce à la SARL

Si votre auto-entreprise génère une clientèle identifiable, un savoir-faire valorisable, ou si vous disposez de contrats de longue durée, vous pouvez choisir d’apporter votre fonds de commerce à la SARL nouvellement créée. Cette opération est plus structurée qu’une simple création à partir de zéro.

Notre guide complet sur le passage d’une EI en SARL détaille précisément ce mécanisme : évaluation du fonds, rôle du commissaire aux apports, traitement des contrats en cours, régime fiscal de l’apport et conditions d’exonération.

L’apport présente un avantage majeur : la SARL récupère les éléments d’actif à leur valeur d’apport et peut les amortir. En contrepartie, la complexité administrative est plus élevée et les délais sont allongés.

À l’inverse, la cession du fonds à la SARL (vente contre prix) est plus simple à documenter mais entraîne une imposition immédiate de la plus-value dans le patrimoine de l’auto-entrepreneur vendeur.

💡 Alternative à explorer : si votre activité est réduite et que vous souhaitez simplement « mettre en pause » votre micro-entreprise le temps de structurer votre SARL, sachez qu’une cessation temporaire d’activité de l’auto-entrepreneur reste possible. Elle peut vous donner le recul nécessaire pour organiser la transition sans précipiter la création de la société.

SARL ou SASU : le bon choix au moment du passage

Cette question revient systématiquement chez les auto-entrepreneurs qui structurent leur activité. Le tableau ci-dessous résume les principales différences :

CritèreSARL (gérant majoritaire)SASU (président associé unique)
Statut social du dirigeantTNS (Sécurité Sociale des Indépendants)Assimilé salarié (régime général)
Niveau de charges socialesPlus faibles (≈ 40-45 % de la rémunération)Plus élevées (≈ 60-70 % de la rémunération)
Protection socialeMoins étendue (notamment retraite, arrêt maladie)Plus étendue (alignée sur les salariés)
Nombre d’associés1 à 100 (EURL si 1 seul)1 (SASU) ou illimité (SAS)
Fiscalité par défautIS (option IR possible 5 ans)IS (option IR possible 5 ans)
Souplesse statutaireEncadrée par la loiGrande liberté statutaire
Cession de titresAgrément obligatoireLibre (sauf clause contraire)

Il n’existe pas de « meilleure » option universelle. Le choix dépend de votre niveau de rémunération prévu, de votre besoin de protection sociale, et de votre volonté d’ouvrir ou non le capital à des tiers. Notez que si vous optez pour une SASU et souhaitez ultérieurement passer en SARL — ou inversement — cette transformation sera alors possible au sens strict de l’article 1844-3 du Code civil, puisque vous aurez créé une véritable société. Découvrez notre article sur la procédure complète de passage de SARL en SAS pour comprendre les étapes qui pourraient vous attendre dans un second temps.

Coûts et frais : ce que vous devez prévoir

Passer d’auto-entrepreneur en SARL entraîne des frais de création de société — et non de transformation, rappelons-le. Les postes à budgéter sont les suivants :

Poste de dépenseMontant indicatif
Honoraires d’accompagnement (transformation-societe.fr)300 € HT
Annonce légale de constitution (SARL)Forfait de 148 € HT (173 € HT à La Réunion et à Mayotte)
Frais de greffe (immatriculation de la société nouvelle)33,83 € + déclaration des bénéficiaires effectifs 19,33 € (soit 53,16 € TTC)
Radiation de la micro-entrepriseGratuite
Commissaire aux apports (si apport en nature concerné)Sur devis
Expert-comptable (conseils fiscaux sur la cessation)Variable

⚠️ Attention aux chiffres circulant sur Internet : les tarifs des frais de greffe sont révisés régulièrement. Consultez notre article sur le coût d’une transformation de société en 2026 pour une vision actualisée des débours. Pour votre situation spécifique, utilisez notre simulateur en ligne.

À noter : si vous créez une SARL dans un premier temps et envisagez de la transformer ultérieurement en SAS, des frais supplémentaires s’ajouteront : commissaire à la transformation (article L227-3 du Code de commerce), annonce légale de transformation, et frais d’inscription modificative au RCS. Pour comprendre dans quels cas ce commissaire est requis, consultez notre article sur le commissaire à la transformation.

Checklist pratique : les points à ne pas oublier

Avant de lancer la procédure, vérifiez les éléments suivants :

Sur l’activité actuelle :

  • Dernier chiffre d’affaires déclaré à l’URSSAF
  • Inventaire des biens professionnels (matériel, stock, clientèle, contrats)
  • Existence ou non d’un bail commercial ou professionnel à transférer
  • Contrats en cours nécessitant l’accord du cocontractant pour la cession

Sur la SARL à créer :

  • Choix de la dénomination (vérifier la disponibilité)
  • Définition précise de l’objet social
  • Montant du capital social (pas de minimum légal, mais cohérence avec l’activité)
  • Identité et quote-part de chaque associé (le cas échéant)
  • Désignation du gérant

Sur les formalités :

  • Rédaction et signature des statuts
  • Dépôt du capital sur un compte bloqué (si apport numéraire)
  • Publication de l’annonce légale de constitution
  • Dépôt du dossier complet au guichet unique INPI
  • Radiation de la micro-entreprise dès l’immatriculation obtenue
  • Mise à jour auprès des clients, fournisseurs, banque, assurances

Vous souhaitez être accompagné dans cette démarche, de la rédaction des statuts jusqu’au dépôt au guichet unique ? Contactez notre équipe pour obtenir un devis personnalisé pour votre passage d’auto-entrepreneur en SARL.

Article rédigé par Alexis Egron, dirigeant de Norge Conseil.

Dernière mise à jour : 23 juin 2026.

Alexis Egron
Supervise les dossiers du réseau · relu le 23.06.26
300 € HT
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